Le vert est dans le fruit
Vous êtes militant de rien. Un seul sujet vous révolte : l'environnement. La banquise fond, les émissions de CO2 étouffent nos villes, la biodiversité s'amenuise, des espèces animales se féminisent, le nombre de cancers explosent ? Une solution : consommez ! Achetez des voitures, de la lessive, de l'essence ! Dépensez du gaz, de l'électricité, de l'eau, courez dans les grandes surfaces ! Mais pourquoi diable ?Parce que tout nous y incite : 'Ensemble, sauvons la planète avec le produit X » ; « Achetez Y et vous construirez un avenir propre » ; « Avec Z, la nature vous dira merci »… Les pubs utilisant plus ou moins frontalement l'argument écolo ont été multipliées par 3 en 2007*. Elles placent un 4*4 près d'un torrent de montagne, un produit ménager sous un olivier centenaire, un appareil électrique au milieu du maquis corse… Les entreprises parant de vert leurs activités, s'auto-proclamant « responsables » sans qu'il soit jamais possible de vérifier quoique ce soit, ne se comptent plus/ Les Américains ont trouvé un nom pour ce ripolinage écolo bidon : le « greenwahing », déformation du mot « brainwashing », « lavage de cerveau ». Le problème, mauvais jeu de mot compris, c'est que trop de vert tue. Les agences de pub commencent à s'en rendre compte. L'équation = gogos ne passera pas l'hiver . Parce que la préoccupation « green » n'est pas un phénomène de mode, mais une vraie angoisse de fond. Parce que notre bon sens ne nous trompe pas : on sait viscéralement que ce n'est pas en consommant plus qu'on limitera la casse. Parce que les entreprises qui, elles, font réellement des efforts pour l'environnement risquent d'être disqualifiées. Et aussi parce que, à jouer avec notre conscience écolo, les forçats du greenwashing sont en train de créer une catégorie de réfractaires plus au moins virulents, pullulant sur le Net, refusant en bloc la culpabilité accablante du marketing vert et les donneurs de leçons green…
Certains vont jusqu'à dénoncer une dictature de l'écologie.*
Ils poussent le bouchon trop loin, mais posent cette question intéressante : quelle pensée critique tenir face à l'avalanche de catastrophes annoncées et aux experts qui nous disent qu'il est trop tard pour agir ? A méditer pendant les vacances, histoire de ne pas rentrer rouge de colère. Ou plutôt vert de rage.
Par Dorothée Werner.
*Selon une étude du Bureau de la vérification de la publicité (BVP).
**Voir l'essai de Jean-marc Félida : « Impasse de Grenelle » (éd. Ramsay)
Une fois n'est pas coutume, je me permets de retranscrire cette chronique de Dorothée Werner trouvé dans le magazine Elle du 2 Août 2008 (n°3266), car je trouve qu'il est vraiment très significatif et instructif.

Commentaires
le 19/09/2008 à 18:49:09
dit lui que moi aussi je lui passes le bonjour par signot de fumée et aussi un gros bisous
le 19/09/2008 à 16:39:23
le 19/09/2008 à 00:33:35
bravo de l'avoir trouver
des nouvelles d'eydis? elle me manque trop
le 15/09/2008 à 20:50:03
Purple Girl > Ok je vais aller voir ça! (je crains le pire...! :)
le 12/09/2008 à 12:50:53
site/blog
le 10/09/2008 à 23:17:59
Bisou mistinguette !
le 08/09/2008 à 20:28:24