Simplement méprisable ou humaine ?
Il est diffcile parfois de parler aux gens, même à ceux qu'on aime bien parce que le problème est réccurent. Parce que de toute façon, on vous donnera toujours les mêmes conseils, parce que au final on ne peut pas vraiment faire comprendre aux gens ce qu'on ressent réellement. Même s'ils vous disent qu'ils comprennent, c'est avec leur propre vécue, leur propre émotions. Ce qui bloque aussi cette compréhension, c'est le temps qu'il s'est écoulé entre votre histoire et l'histoire de l'interlocuteur. La façon dont la personne s'en est sorti: "Si ça a été si facile pour moi, ça sera pareil pour toi" ; "Et puis, pourquoi tu fais tant la gueule ? T'as tout pour aller bien!" ; "Tu ne te rends donc pas compte que ta situation c'est de la merde en boîte et qu'en plus t'as l'air de te complaire dedans?" ...Parfois, on a tellement besoin de toucher le fond du fond pour pouvoir en ressortir victorieux. Faire bouger les choses pour que cela fasse comme un coup de fouet, plutôt que de rester coincé dans une situation un chouïa merdique, mais néanmoins platonique. Ce besoin viscéral de se faire du mal pour pouvoir réaliser qu'on existe. Peut être parce qu'on a appris à exister que dans la souffrance, alors ça au moins on connaît, on sait gérer.
Maintenant je reconnais ces sortes de pulsions suicidaires. Je reconnais ces piques d'hystérie ou il faut que je fasse des trucs pas avouables pour me rassurer de je ne sais quoi. Courir chercher un regard neuf, quelqu'un qui me jugera mal, mais sans me connaître ce qui apportera un soulagement comparé à quelqu'un qui me connait réellement et qui me jugera pareil. J'ai énormément besoin de me sentir méprisable en ce moment. C'est là que j'ai des poussées d'affections envers celui qui m'a violé. Je n'arrive même plus à faire la différence entre ce que j'étais "avant" et comment il m'a rendu. Je ne sais pas ce que je suis.
J'ai progressé, je ne me jette plus comme une désespérée sur la première connerie qui se présente. Je réfléchie avant, mais si je ne me voile pas trop la face, je sais que je ne me laisse qu'un temps de sursis.
Qu'est ce qui parviendra à me faire changer? Ou du moins qu'est ce qui m'empêchera de retomber à chaque fois que j'aurai vécu une déception cuisante?


Commentaires
Nébuleuse le 18/01/2009 à 17:18:03Ancolie > Merci de m'avoir dis tes ressentis, je me sens moins seule... Et surtout merci de porter un regard sans juger.
Sœur > "Qui je suis"... Oui c'est un terme que je n'ai jamais utilisé pour me désigner. Ou peut-être avant, dans un temps jadis complètement révolus... En fait je ne m'en était même pas rendu compte.
ANCOLIE le 15/01/2009 à 22:08:37
C'est vrai ! La distance juste , qu'il faut trouver , pour comprendre . Pour démeler les fils , défaire les noeuds . J'écris comme ça , d'instinct ... En ésperant ne pas dire trops de bêtises . Pour moi , je n'ai jamais trouvé la bonne personne pour en parler . Alors j'ai cherchée dans ma tête et le temps m'a donnée la distance pour démeler les sensations , les replacer là où elles devaient etre : separrer la souffrance de ...(du dégout).......
et puis voilà je m'arrette de t'en parler . C'etait juste un signe en passant .
Soeur le 14/01/2009 à 22:54:23
C'est intéressant, tu ne dis même pas "qui" je suis mais "ce que" je suis...
Peut être que tu te tapes la tête contre un mur, juste parce que ça te fait du bien quand tu arrêtes...
Sinon, quant aux réactions des autres, c'est sûr que les gens comprennent avec la distance qui résulte du fait qu'ils ne résident pas dans le cerveau de leur interlocuteur. Ils comprennent d'autant mieux quand ils prennent en compte cette distance, je pense.
Intéressant article, ma chère Nébuleuse. Bisou et j'espère à demain ! :)